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MSF restera à Gaza « aussi longtemps que possible », assure son chef de mission

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Un véhicule MSF traverse les ruines de Jabaliya, au nord de la bande de Gaza. (Photo d'Archives)

Médecins sans frontières (MSF) continuera à travailler à Gaza « aussi longtemps que possible », a déclaré à l'AFP son chef de mission pour la Palestine, Filipe Ribeiro, à quelques jours de la fin prévue des activités de l'ONG dans le territoire, décidée par Israël.

Israël avait annoncé le 1er février que l'ONG internationale devrait avoir quitté le territoire palestinien au plus tard le 28 février, après son refus de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens.

MSF avait dénoncé cette décision comme un « prétexte » visant, selon elle, à « empêcher l'aide humanitaire » dans la bande de Gaza, dévastée par deux ans de guerre par Israël. 

« Pour le moment, nous travaillons encore à Gaza et nous avons l'intention de poursuivre nos opérations aussi longtemps que possible », a affirmé Filipe Ribeiro lors d'un entretien, tout en soulignant que la mesure israélienne avait d'ores et déjà un impact sur les activités de l'ONG.

« Depuis début janvier, nous ne sommes plus en capacité de faire entrer du personnel international à Gaza. Les autorités israéliennes nous interdisent toute entrée à Gaza, mais aussi en Cisjordanie », a-t-il indiqué, ajoutant que le personnel étranger actuellement à Gaza quitterait le territoire à la fin du mois et ne serait pas remplacé.

MSF n'est plus autorisée non plus « à faire entrer des équipements médicaux, des médicaments, du matériel à Gaza », a-t-il expliqué.

« Nous avons des stocks dans nos pharmacies qui vont nous permettre de poursuivre nos opérations pour le moment », a déclaré Filipe Ribeiro, en prévenant que l'arrêt des activités de MSF à Gaza aurait un impact majeur sur le système de santé dans le territoire, où la crise humanitaire persiste malgré le cessez-le-feu fragile en place depuis le 10 octobre.

« Si nous sommes obligés de partir, cela créera un vide immense », a-t-il alerté. « Le système de santé s'est effondré et sans des ONG comme MSF et d'autres, qui va prendre le relais, qui va fournir les services de base à la population ? »

Israël avait annoncé en décembre qu'il interdirait à 37 organisations internationales, parmi lesquelles MSF, de travailler à Gaza à compter du 1er mars en leur reprochant de ne pas avoir communiqué la liste des noms de leurs employés.

Israël avait prétendu que deux employés de l'ONG avaient des liens avec le mouvement de résistance palestinien Hamas et le Jihad islamique, ce que MSF a fermement nié.

De son côté, MSF avait annoncé le 30 janvier avoir initialement accepté, « à titre exceptionnel », de transmettre les noms de ses employés palestiniens, avant de se rétracter faute de garanties sur leur sécurité.

La nouvelle réglementation israélienne durcissant les conditions d'exercice des organisations humanitaires ne s'applique officiellement qu'à Gaza, mais des ONG se sont inquiétées de ce qu'elles soient étendues à l'avenir à la Cisjordanie occupée.

MSF a indiqué avoir assuré 800 000 consultations médicales à Gaza en 2025, soigné plus de 100 000 traumatismes et assisté plus de 10 000 accouchements. Quinze de ses employés ont été tués pendant la guerre.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV